Une pédagogie «faire pour apprendre» : l’École de production du Hainaut
Depuis 12 ans, l’École de production du Hainaut forme des jeunes de 15 à 18 ans aux métiers du bois. Cette association propose une pédagogie alternative, fondée sur le concret :
chaque élève passe 24 heures par semaine en atelier, à réaliser des commandes pour de vrais clients.
Découvrez dans cet interview croisée le projet porté par Jean-François Despinoy à travers son témoignage, et celui de Jahnaï Mouriaux, sa chargée d’accompagnement et de financement à Nord Actif
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce modèle innovant ?
Jean-François : Nous nous adressons à des jeunes qui ne trouvent plus leur place dans le système scolaire classique et qui ont besoin de sens, de concret. À l’École de production, ils apprennent par le faire. C’est notre principe fondateur : “faire pour apprendre”. Chaque pièce fabriquée répond à une commande réelle. Cela les plonge tout de suite dans une logique professionnelle : ils apprennent à respecter des normes de qualité, des délais, à répondre aux attentes du client. Cette réalité donne une vraie valeur et du sens à leur travail, et les motive au quotidien.
Comment s’est construite votre implication dans l’association jusqu’à en devenir président ?
Jean-François : Je travaille depuis longtemps dans les secteurs de la construction, du bois et du bas carbone. Il y a six ans, j’ai découvert l’École de production du Hainaut, et j’ai tout de suite été séduit — à la fois par l’approche concrète de l’établissement et par le modèle global des écoles de production. Quand l’ancienne présidente a souhaité impulser une nouvelle dynamique stratégique, elle m’a proposé de reprendre la présidence. J’ai accepté avec enthousiasme, convaincu que cette pédagogie répond à un vrai besoin.
Quelle est votre vision pour l’avenir de l’école ?
Jean-François : Aujourd’hui, la construction hors site – c’est-à-dire la préfabrication en atelier de composants du bâtiment – connaît un fort développement en France. C’est une véritable transformation du secteur. Notre ambition, c’est d’anticiper ces évolutions et de préparer nos jeunes aux métiers qui émergent. Le fil rouge stratégique que nous avons choisi, c’est de devenir la première école de production en France à intégrer pleinement cette nouvelle approche des métiers du bâtiment.
Pourquoi avoir fait appel à Nord Actif ?
Jean-François : On dégage peu de bénéfices, ce n’est pas l’objectif d’ailleurs, mais nous sommes à l’équilibre chaque année. Néanmoins, notre modèle économique fait que nous pouvons avoir des décalages de trésorerie. Nous avions besoin de renforcer notre capacité de cash-flow, et avons fait appel à Nord Actif et à la banque. Jahnaï Mouriaux a bien compris nos spécificités, nos subtilités de financement : une école de production n’est pas financée comme un autre centre de formation. Cette écoute et cette compréhension ont été déterminantes.
Qu’est-ce qui a motivé Nord Actif à accompagner cette structure ?
Jahnaï : Nous avons choisi de soutenir l’École de production du Hainaut pour l’impact fort qu’elle génère : elle réinsère des jeunes qui s’éloignent du parcours scolaire, et favorise leur accès à l’emploi. Ce type de modèle peut parfois susciter des interrogations de la part des circuits de financement traditionnels, notamment en matière de financement de trésorerie. Notre rôle a donc été d’agir comme levier aux côtés de la banque, en mobilisant des financements adaptés pour sécuriser l’activité et permettre à l’école de poursuivre son action dans la durée.
Comment avez-vous perçu cet accompagnement ?
Jean-François : C’était essentiel pour nous. Jahnaï a vraiment pris le temps de comprendre notre modèle, qui est très spécifique. Contrairement à un centre de formation classique, nous devons constamment jongler entre les exigences pédagogiques et les impératifs commerciaux de nos clients. Cette compréhension fine de nos enjeux a été déterminante pour débloquer le financement. Par ailleurs, notre structure bénéficie actuellement d’un autre accompagnement de Nord Actif, dans le cadre d’un Dispositif Local d’Accompagnement (DLA), pour structurer notre stratégie de recherche de mécénat. Cette démarche fait suite à l’analyse menée par Sarah Leullieux, chargée d’accompagnement chez Nord Actif.
A bénéficié
A été accompagné par
Nord Actif




